Looking for Catalunya #2 : Cannabis Social Club, la weed presque légale

Depuis quelques années l’Espagne a vu naître des centaines de cannabis social clubs. Des associations privées où les membres consomment du cannabis en toute légalité ou presque. Miguel, 32 ans, en gère un depuis 6 mois. Il a accepté de répondre aux questions sans langue de bois !

Doctor Cash : Bonjour Miguel, pourrais-tu nous expliquer le cadre légal qui régit la consommation de cannabis en Espagne?

Miguel : La consommation publique est interdite en Espagne. Cependant, notre pays est très à cheval sur le respect de la vie et de la propriété privée. Ainsi, depuis 2001, la culture de petites quantités de cannabis est tolérée tant que sa consommation reste dans cette sphère. Pas de revente donc. En fait, tous les socios (membres de l’association ndlr) sont considérés comme un public privé et cela ne pose aucun problème. Légalement, ils paient pour nous permettre de cultiver la marijuana. Dans les faits, un club est légal uniquement s’il contrôle la consommation, c’est pourquoi la plupart limite les achats à 5 grammes par jour. On ne doit pas non plus faire de publicité ni revendre pour le profit, cela va de soit. Il faut donc faire preuve de rigueur.

DC : Pourtant, des socios sortent parfois avec des petites quantités de marijuana. Cela devrait être interdit non?

M : Clairement le cadre légal est outrepassé par toutes les associations. Il n’y en a pas à ma connaissance qui respecte à la lettre la législation et ne fournit pas à ses socios de quoi consommer en dehors des locaux. En revanche, les peines pour la consommation dans les lieux publics s’aggravent régulièrement. C’est un moyen de régulation étatique, on voit moins de gens fumer dans les rues, en conséquence l’image de la ville s’améliore encore auprès des touristes. Mais dans le fond, rien ne change réellement.

DC : Donc la différence avec un coffee shop est presque inexistante ?

M : Si, puisque les associations sont encore « très surveillées », pour les inscriptions principalement. Nous n’avons pas le droit d’accueillir des touristes en tant que socios. On doit demander un document d’identité espagnol ou un document délivré aux étrangers travaillant sur le territoire.

DC : J’ai entendu dire que ce n’était pas le cas partout.

M : C’est sûr qu’il y a deux écoles. Il y a des mecs qui montent des associations avec de l’argent plus ou moins propre. J’ai entendu dire que la mafia italienne reste un très bon « investisseur » pour ces enseignes. Donc il y a des associations qui veulent faire du chiffre avant de fermer. Ces dernières vont être bien moins regardantes sur l’aspect juridique, business is business et comme toujours, les vilains petits canards sortent leur nez…

DC : Les autorités espagnoles semblent ne pas voir ce genre de club d’un bon œil…

M : Il y a une sorte d’hypocrisie à peine masquée. D’un côté nous sommes autorisés à le faire et de l’autre, on subit un marquage « à la culotte ». Deux fois par an, nous subissons des contrôles de la part des services de l’hygiène qui vérifient la qualité des produits en laboratoire et tout le ramdam. C’est un bon point pour les consommateurs qui sont confortés dans la qualité de nos produits. A l’image des restaurants, on se rapproche de la légalité totale, c’est une très bonne chose !

DC : D’ailleurs tu es employé, mais quel est ton statut aux yeux de la loi ?

M : Des recours sont déposés devant le Parlement catalan pour encadrer juridiquement les associations de cannabis. Il y en a plus d’une centaine actuellement à Barcelone et ce nombre est appelé à augmenter à l’avenir. Il faut donc que les autorités publiques légifèrent afin que la loi reconnaisse l’ensemble des acteurs des clubs (consommateurs, employés et dirigeants).

DC : Quelles sont les motivations qui t’ont poussé à lancer ce projet ?

M : Ça faisait déjà de nombreuses années que je cultivais pour ma conso perso et pour compléter les fins de mois en revendant un peu à des potes. C’est devenu une passion, plus pour le côté culture que pour la défonce. D’ailleurs, j’ai presque arrêté de fumer. C’est vraiment une plante fascinante qui possède des effets médicinaux plus que concrets. Donc dès 2001, j’ai suivi de près les ouvertures d’associations. J’ai travaillé dans plusieurs d’entre elles entre 2002 et 2012. Et en 2014 avec 2 amis, nous avons franchi le pas. On veut vraiment, via notre association, créer un lieu culturel de rencontre et d’échange. Le cannabis est omniprésent bien entendu, mais on propose aussi de nombreuses représentations d’artistes. On veut en faire un vrai Cannabis SOCIAL club.

Propos recueillis par Doctor Cash

Crédit de une : huffingtonpost.fr

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Doctor Cash

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