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Focus sur Lilo, le moteur de recherche philanthropique

Lilo moteur de recherche

Créée en 2015, la jeune pousse Lilo a pris le contre-pied des mastodontes du marché en lançant un moteur de recherche destiné à financer des projets sociaux et environnementaux. Le tout dans un respect total de la vie privée des internautes. Retour sur cette aventure philanthropique en compagnie de son cofondateur, Clément Le Bras. 

Pouvez-vous s’il vous plaît revenir sur le genèse du projet Lilo.

Clément Le Bras : Bien qu’ingénieur de formation spécialisé en énergie, j’ai très vite été attiré par la sphère de l’innovation sociale. Mon expérience en 2012 dans une ONG à Madagascar – au cours de laquelle j’ai participé au développement d’une première entreprise sociale – n’a fait que conforter ce sentiment. A savoir, fonder une structure au service du bien commun et non dans une vision de pur profit. La solution du numérique s’est alors imposée d’elle-même. Ma rencontre en 2015 avec mon associé Marc Haussaire, ingénieur informatique, m’a ensuite permis de convertir l’essai puisque nous avons lancé le moteur de recherche lilo.org. Concrètement, il s’agit de l’un des modèles les plus performants et compatibles, au regard de ce qui fait à l’international, pour financer des projets associatifs.

Comment fonctionne votre système de dons ?

CLB : C’est très simple. L’utilisateur reçoit à chaque recherche une goutte d’eau destinée à gonfler au fur et à mesure son portefeuille virtuel. Il peut ainsi décider à tout moment de répartir cette manne financière en faveur des projets sociaux et environnementaux que nous chapeautons (150 depuis le début). Il est d’ailleurs important de noter que chaque personne utilisant Lilo comme moteur de recherche génère en moyenne 15 euros chaque année. Ce qui n’est anodin, vous en conviendrez, puisque nous avons déjà dépassé le cap du million d’euros de dons.

Par ailleurs, les structures avec lesquelles nous collaborons sont sélectionnées avec soin. Ces dernières doivent en effet attester de plus d’un an d’existence et d’une visibilité efficiente sur les réseaux sociaux. Une condition sine qua non pour crédibiliser nos actions.

Qu’en est-il de votre modèle économique ?

CLB : Concrètement, chaque goutte d’eau représente l’argent générée par l’internaute grâce à l’affichage des liens commerciaux inhérents à ses recherches. Sachant que nous attestons désormais de 700 000 à 800 000 utilisateurs chaque mois et que nous utilisons la technologie des plus grands moteurs de recherche. De notre côté, nous nous engageons à redistribuer la moitié de notre capital en dons divers et variés (validation par expert-comptable). Quant au 50 % restants, ils financent parallèlement nos frais de fonctionnement et de communication (une part est également accordée au stockage carbone).

Lilo s’engage à respecter la vie privée de ses utilisateurs, comment fonctionnez-vous à ce niveau ?

CLB : Nous menons une politique totalement transparente en la matière. En conséquence, nous ne collectons et ne vendons pas de données. De même, en ce qui concerne Lilo Mail, nous prohibons toute technologie destinée à lire les courriels de nos utilisateurs. Parallèlement, nos serveurs ne stockent pas indéfiniment les pièces jointes et messages, au contraire de Google par exemple. Le but étant de réduire au maximum notre empreinte carbone. Notre carte de visite est donc 100 % éthique.

Quelles sont vos projets à l’avenir ? Visez-vous désormais des projets à l’international ?

CLB : Oui, nous sommes actuellement en phase test en Italie, en Espagne, en Angleterre, ainsi qu’en Amérique du Nord.

Propos recueillis par Doctor Paper

Doctor Paper

Enchanté ! Mathieu Portogallo, alias Doctor Paper, pour vous faire lire ! J'ai toujours eu beaucoup de mal avec la bien-pensance, une donnée trop présente dans l’actu 2.0. J'écris donc avec un peu plus d’objectivité et de punch que ce qui fourmille sur la Toile. Voici mon contact : mathieu.portogallo@gmail.com