« Commencer par changer en soi ce que l’on voudrait changer autour de soi »

Thomas, bénévole

Thomas, bénévole

Épisode 3 de la série sur le Bouddhisme

Thomas est bénévole au sein de la communauté bouddhiste Karma Ling. Son statut possède certaines contraintes par rapport aux membres placés plus haut dans la hiérarchie mais celui-ci en accepte les conditions. Proche du Bouddhisme depuis sa plus tendre enfance, Thomas nous parle de son rapport aux autres et au Dharma.

Que représente la communauté pour toi ?

Il s’agit d’un groupe de personnes poursuivant un même but. Le site favorise la pratique au jour le jour, cela évite les écarts. Le groupe symbolise cette idée de garde-fou. Je me sens intégré car je me rends utile à travers les activités du Karma Yoga. Il y a toujours des choses qui peuvent être corrigées ou améliorées mais les problèmes organisationnels sont importants mais pas essentiels. J’aime à penser que les monastères sont des lieux pour des gens désespérés, une citation que j’emprunte à un grand maître bouddhiste. Pourtant il y a des gens désespérés partout. La seule différence entre les membres de Karma Ling et les gens présents dans la société est qu’ici nous cherchons un remède, le Dharma. C’est une prise de conscience de notre condition. Certains pratiquent le sport ou sombrent dans l’alcool, nous nous avons choisi la voie du Bouddha. Karma Ling est l’expression d’un compromis entre la philosophie bouddhiste et notre culture occidentale, ce groupe représente une sorte de contrat social. On poursuit un objectif commun l’Éveil, après il ne faut pas que cela se transforme en quête obsessionnelle du Graal.

Comment vois-tu ton rôle de bénévole ?

Bénévole est un statut que je comprends et que j’accepte. Il faut être conscient qu’un nouveau membre qui ne connaît pas les rouages du site, son fonctionnement et les tâches à accomplir, doit verser une petite somme d’argent à la communauté. Il s’agit d’un risque pour Karma Ling et une reconnaissance envers les Karma Yogis qui ont déjà un certain statut ici par leur utilité. Ils restent plus productifs, il est donc normal de payer logement et nourriture dans un premier temps.

Qu’est-ce qui t’a amené vers le Bouddhisme ?

Cela peut paraître simpliste ou anodin mais l’élément déclencheur fut une déception amoureuse. Avais-je bien fait les choses ? Avais-je eu le bon comportement ? Autant de questions auxquelles je ne trouvais pas de réponse. Ma mère pratiquait déjà le Dharma et possédait plusieurs ouvrages sur la voie du Bouddha. J’ai pu donc faire une première approche sur cette religion. J’ai toujours voulu changer les choses. Un de mes buts était de devenir rédacteur judiciaire afin d’y intégrer les concepts du Bouddhisme. J’ai pu néanmoins faire l’expérience du droit international par une simulation. Cependant une citation de Gandhi « commencer par changer en soi ce que l’on voudrait changer autour de soi » m’a amené à revoir mes plans. Je voulais développer en amont mes propres capacités afin de les partager avec autrui. Le but est finalement d’acquérir une certaine légitimité.

Qu’est-ce que t’apporte le Bouddhisme ?

La philosophie du Bouddha est vraiment en accord avec mon vécu. C’est l’expression de tout mon idéal. Je souhaite à tout à chacun de pouvoir développer et nourrir cette force. Le Dharma est un art de vivre, un cheminement. Il n’y a pas de mot, tout cela coule de source. Toutes mes aspirations s’accordent avec ces valeurs. On est au-delà d’une notion concrète. Difficile d’expliquer tout cela avec des mots. Le cœur du Dharma se veut non conceptuel.

Quels sont tes projets à l’avenir ?

J’aimerais visiter d’autres centres y compris les monastères afin de mieux comprendre leur fonctionnement. Il est possible que je revienne en tant qu’étudiant à Karma Ling. Mon statut et mes prérogatives évolueront mais je pense que c’est une nécessité. J’envisage à terme de devenir moine afin de pouvoir pratiquer le Dharma à plein temps sans avoir besoin de travailler. Mais pour l’instant tout cela relève de l’hypothèse. Il y a sûrement des aspects contraignants à mener ce genre d’existence mais je suis curieux de les connaître.

Propos recueillis par Doctor Paper

Doctor Paper

Enchanté ! Mathieu Portogallo, alias Doctor Paper, pour vous faire lire ! J'ai toujours eu beaucoup de mal avec la bien-pensance, une donnée trop présente dans l’actu 2.0. J'écris donc avec un peu plus d’objectivité et de punch que ce qui fourmille sur la Toile. Voici mon contact : mathieu.portogallo@gmail.com

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